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Joseph Dorfman: dass sie leben (premier enregistrement)

Cantate sur textes bibliques


et "Lied fumn ojsgehargeten jidschn Folk" pour ténor, bariton et 
choeur mixte a cappella de Yitzhak Katzenelsons
Durée de l'exécution: 60 minutes environ

 

L'enregistrement de l'oeuvre sur CD est paru chez Cantate. Vous pouvez commander le disque ici et l'écouter sur itunes.

"Aller à la rencontre de l'autre", telle est l'idée conductrice de l'oeuvre "...dass sie leben" (...qu'ils vivent).
La cantate a capella est le fruit d'une rencontre entre le compositeur juif Joseph Dorfman (Tel Aviv), l'artiste plasticien protestant Gero Hellmuth (chant) et le chef de choeur catholique Stefan Schuck (Berlin). 
Le cycle d'Auschwitz de Hellmuth comprend des images, des assemblages et des sculptures. Le nombre ... 19 ..., au coeur de ce cycle, représente à la fois le numéro de prisonniers de camp de concentration et le symbole de ces personnes réduites à un nombre. Ce sont précisément ces oeuvres d'art qui ont animé Dorfman à composer cette cantate. Stefan Schuck l'a créée, en première mondiale en mai 2003, dans le cadre de la Journée œcuménique de Berlin, avec la participation de l'ensemble vocal sirventes berlin (appelé alors "ensemble soliste de la Hohenzollernplatz") et des solistes Yossi Aridán (ténor) et Motti Kastón (baryton). Le cycle d'Auschwitz de Hellmuth y était exposé.

La cantate en sept mouvements de Joseph Dorfman est une mise en musique de textes de l'Ancien Testament tirés des livres de Job, Ezéchiel, Jérémie, des Psaumes ainsi que des extraits du "Lied fumn ojsgehargeten jidschn Folk" yiddish. Ce "grand chant du peuple juif exterminé" avait été caché dans des bouteilles et enterré sous un arbre par Yitzhak Katzenelson (1886 - 1944), grand poète du ghetto de Lodz. Une copie cousue dans une poignée de valise avait par ailleurs été introduite clandestinement en Israël. Katzenelson a trouvé la mort en mai 1944 à Auschwitz. Ces deux copies ont été, comme par miracle, conservées.

"...dass sie leben" (...qu'ils vivent) jette des ponts entre le judaïsme et le christianisme. La mise en place, après l'holocauste, d'un vivre ensemble apaisé est au coeur de cette oeuvre. Elle s'adresse en allemand, en hébreu, en yiddish et en russe à tous ceux pour qui un souvenir de la Shoah tourné vers le passé est insuffisant, lui préfèrant un rapprochement actif réciproque. Les œuvres d'Hellmuth et la composition de Dorfmann, axées autour du même thème, rendent une propre reflexion sur le plan historique, religieux et culturel, possible.

Le dialogue interreligieux et le travail interculturel apparaissent, au vu des conflits religieux et culturels actuels, plus nécessaires que jamais. Se référer à des racines et valeurs communes, mettre en exergue aussi bien ce qui lie que ce qui divise, être tourné vers le futur sans pour autant en oublier le passé sont tant d'idéaux envers lesquels "...dass sie leben" se sent redevable.
Ce projet a reçu en octobre 2004 le prix de reconnaissance du cercle des mécènes de Singen-Hegau récompensant son engagement.